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Livres des éditions l'Echappée



Un futur sans avenir : pourquoi il ne faut pas sauver la recherche scientifique / Oblomoff, 2009.

Nous appelons à établir les liens encore possibles entre toutes les personnes qui, issues ou non du milieu scientifique, entendent résister en acte à l’avancée de la technoscience. La question n’est pas de rapprocher la science du citoyen, mais de casser la logique de l’expertise, de dénoncer le mensonge de la neutralité de la recherche et d’empêcher la science contemporaine de contribuer, au jour le jour, à détruire la politique en la transformant en une affaire technique.

A la recherche du nouvel ennemi : 2001-2025 : rudiments d'histoire contemporaine/ Pièces et main d'oeuvre, 2009

C’est un lieu commun que dans toute société, l’ordre repose sur le sacrifice de moutons noirs, brebis galeuses et boucs émissaires, désignés à l’unanimité violente par la population. D’où l’intérêt de connaître le nouvel ennemi de la Sécurité globale, cible des stratèges de la Rand Corporation et des « livres blancs » du gouvernement.
Après l’« écoterrorisme », ennemi à peu près imaginaire, produit du FBI et de l’écrivaste Jean-Christophe Rufin (Le parfum d’Adam) ; après le « bioterrorisme », ennemi bien réel issu des laboratoires de l’État – comme démontré par l’affaire de l’« anthrax » en 2001 – voici le mauvais Terrien. Réfractaire au « Green New Deal », aux « écotechnologies » ; nanotechnologies, géo-ingénierie, nucléaire et informatisation de la « planète intelligente », cyberville globale où chacun se plie aux règles de la survie technifiée. Sauf à devenir le nouvel ennemi de l’« humanité élargie » : post-humains, transhumains, cyborgs, « Successeurs », « hommes bioniques », « augmentés » et autres « Singularités », qu’on nous assigne désormais comme notre futur inéluctable et désirable.
Huit ans après, le fin mot de la « World War on Terrorism ». Ce qu’elle a permis. Ce qui a changé. Ce qui a été perdu sans retour. Et l’avènement de l’Ordre Vert dans un monde en contraction où s’effondrent les frontières entre local et global, intérieur et extérieur, temps de paix et temps de guerre.

L'humanité augmentée : l'administration numérique du monde/ Sadin (E.), 2013

La révolution numérique est en passe de s’achever. Miracle d’une interconnexion intégrale aujourd’hui réalisée, reliant virtuellement tout être, chose et lieu, inscrivant la dynamique électronique comme une strate indissociable de l’existence. Nouvelle ère désormais caractérisée par la sophistication ininterrompue de l’intelligence computationnelle, s’offrant comme un organisme cognitif augmenté mis à la disposition de tous.
Puissance capable de fureter dans les réseaux, de collecter et d’analyser toutes données pertinentes, de cartographier une infinité de situations globales ou locales, et de proposer ou de projeter en temps réel des solutions sécurisantes ou optimales. Robots clairvoyants – à l’instar de ceux à l’œuvre dans le trading automatique –, habilités à prendre des décisions à notre place, contribuant à ce que s’opère une sournoise et expansive délégation de pouvoir aux machines, marginalisant une humanité dont les attributs intellectuels se trouvent pour partie débordés par ses propres créations.
Éric Sadin, dans cet essai incisif et dense, à l’écriture élégante, explore nombre de phénomènes déjà pleinement à l’œuvre et appelés à s’étendre considérablement dans les années à venir, signalant l’émergence troublante d’une sorte d’humanité parallèle, constituée de flux électroniques intelligents voués à administrer « pour le meilleur et le moindre risque » la course du monde du XXIe siècle.

Aujourd'hui le nanomonde : Nanotechnologies : un projet de société totalitaire / Pièces et main d'oeuvre, 2008.

Toutes les puissances high-tech sont lancées dans la course aux nanotechnologies. L’objet de celles-ci est la manipulation de la matière, inerte et vivante, aux niveaux les plus élémentaires de l’infiniment petit – atome, molécule, cellule, gène, neurone, bit – afin de produire de nouveaux matériaux, de nouvelles sources d’énergie et de nouveaux procédés industriels. Des centaines d’applications des nanotechnologies servent déjà dans les domaines marchands, policiers et militaires, tandis que, dans les laboratoires, les chercheurs travaillent d’arrache-pied à leurs projets d’eugénisme et d’artificialisation : l’homme-machine dans le monde-machine. Les nanomaîtres (scientifiques, politiques, industriels et militaires) prétendent à un pouvoir démiurgique et irréversible sur un monde remodelé à leur guise : le Nanomonde totalitaire de la société de contrainte.

La face cachée du numérique : L'impact environnemental des nouvelles technologies / Flipo (F.), Dobré (M.), Michot (M.), 2013.

Les nouvelles technologies, en dématérialisant les activités humaines, permettraient de réduire l’impact de la croissance sur la biosphère, voire, pour les plus enthousiastes, pourraient résoudre la crise environnementale.
Si le monde numérique semble virtuel, les nuisances, elles, sont pourtant bien réelles?: que ce soit sur le plan énergétique (la consommation des centres de données dépasse celle du trafic aérien, une recherche sur Google produit autant de CO2 que de porter à ébullition de l’eau avec une bouilloire électrique, etc.), par l’utilisation d’une quantité considérable de matières premières pour la fabrication des appareils électroniques, notamment des minerais précieux dont l’extraction provoque des conflits armés, ou encore par l’accroissement permanent de la masse de déchets d’équipements électroniques particulièrement polluants.
Dans ce travail précis et informé, les auteurs montrent l’impact environnemental réel du numérique en s’appuyant sur de nombreuses études. Ils démontent de manière implacable le mythe d’une nouvelle économie propre et écologique.