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Témoignages - Rencontre avec Amérouche Bouanane, cartographe pour SIG

Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
Je m’appelle Amérouche Bouanane, je suis un ancien étudiant de Paris-8. J’ai suivi une Licence de géographie à partir de 2003. Mon parcours s’est poursuivi avec un Master 1 en urbanisme à l’Institut d’urbanisme de Paris (à Créteil). A la fin de cette première année, j’ai obtenu un travail en CDD dans une société informatique qui réalise des prestations en cartographie pour la société GrDF. J’ai formalisé une candidature spontanée dans cette entreprise, ma candidature a été bien reçue et mes compétences ont été reconnues. Je me suis vu proposer une mission en intérim afin de fiabiliser la cartographie de GrDF. Ayant fait mes preuves, j’ai été embauché au sein de l’entreprise en décembre 2010 et voilà 3 ans que j’y travaille.

Vous avez choisi de vous orienter en Géographie aussitôt après le bac ?
J’ai eu un bac STI (Sciences et Techniques Industrielles) et j’avais déjà l’ambition de rejoindre des études de géographie car j’ai toujours été attiré par les plans et les ouvrages géographiques.

Aviez-vous déjà l’idée d’un métier ?
A cette époque, je n’avais pas d’idée nette en termes de débouchés. Mais après le DEUG, j’ai découvert la cartographie au cours de la licence et j’ai eu l’occasion de manipuler différents outils, en particulier de S.I.G. Cette voie m’est apparu la plus attirante. En parallèle, j'ai étudié les débouchés en urbanisme et en aménagement du territoire. Ceux de l’urbanisme m’ont semblé rares.

Vous avez occupé d’autres emplois préalablement ?
J’ai réalisé un stage au sein de la communauté d’agglomération du 93, Plaine Commune, pour une mission cartographique. Je devais cartographier l’ensemble des antennes-relais de téléphonie mobile opérant sur le secteur et les localiser dans un SIG.

A quelles difficultés fait-on face lors de la recherche d’emploi ?
La principale difficulté venait de mes changements de stratégie de recherche. J’ai, au départ, concentré mes recherches sur l’urbanisme. Au bout de six mois de recherche infructueuse, j’ai réalisé que je devais élargir mon champ de recherche d’emploi car il y avait peu d'offres et une expérience était toujours requise, le plus fréquemment entre trois et cinq ans ! Par les sites internet spécialisés en cartographie, j’ai eu accès à un nombre plus important d’offres d’emploi. En déposant mon CV sur ces sites, j’ai eu l’opportunité de toucher beaucoup plus d’employeurs. C’est ainsi que j’ai trouvé un poste de cartographe sur le site de Pôle Emploi.

L’informatisation de la cartographie devient un atout pour les cartographes...
Oui, depuis une dizaine d’années la place de la cartographie évolue beaucoup au sein des collectivités locales et des entreprises. Dans l’entreprise où je travaille, la cartographie informatisée est très jeune ; elle a à peine une dizaine années d’existence ! L’informatisation implique de reprendre les anciens plans faits « à la main » afin de les numériser et de les fiabiliser aux normes actuelles. On participe à une profonde évolution de la cartographie.

Cette branche d’activité est donc particulièrement novatrice ?
Moi qui suis aujourd’hui animateur et responsable d’un groupe, je suis amené à recruter des cartographes. Les compétences techniques et les connaissances des agents, la nature de leur parcours font l’objet d’une grande attention qu'ils soient cartographes, géographes, candidats issus de BTS (topographes / géomètres) ou d’écoles de travaux public (Ecole des ponts et chaussées). On a besoin de compétences variées.

Quelles compétences vous ont permis d'être embauché ?
La persévérance et la précision. Pour le cartographe, être rigoureux est un impératif : nous avons souvent un cahier des charges très strict à respecter. La polyvalence aussi est un atout comme preuve d’une capacité d’adaptation. Et, bien sûr, ma passion pour la cartographie !

Quelles sont vos différentes fonctions ?
Je suis animateur en cartographie au sein d’un groupe de 40 personnes, au siège local de GrDF à Pantin, qui s’occupe de gérer le réseau de distribution de gaz sur le territoire de l’est de la région parisienne (93-94-91-77). Ma mission consiste à apporter un soutien aux agents, à accompagner leur montée en compétence par le biais de formations et, pour l’entreprise, à maintenir la performance du service et à gérer les problèmes techniques liés aux outils. J’anime des réunions, je réalise des compte rendus auprès de la direction. J’ai la chance de travailler avec un groupe assez jeune et très dynamique.

Comment sont utilisées vos données ?
Les intervenants sur le terrain utilisent notre cartographie par le biais d’un PDA, un ordinateur portatif leur permettant d’afficher la cartographie instantanément. Cette cartographie est également exploitée au quotidien pour réaliser projets et simulations, toutes choses utiles pour envisager le futur de l’entreprise.
Il y a également un enjeu de sécurité : nous devons signaler, avec une marge d’erreur de 40 cm, l’emplacement des conduites de gaz, pour éviter les incidents sur le terrain. GrDF travaille en collaboration avec la Brigade des Sapeurs Pompiers (nous mettons au point des procédures d’intervention et de coordination dans les cas d’urgence), avec les concessionnaires des autres réseaux souterrains (EDF, fibre optique, eau, égouts) et avec les collectivités locales (nous leurs communiquons nos données : ce sont elles les propriétaires des réseaux, nous n’en sommes que gestionnaires).

Votre pratique professionnelle a-t-elle fait évoluer votre vision de la géographie ?
Oui, profondément. J’en avais une vision très restreinte en arrivant ici. Aujourd’hui j’en connais de nombreuses facettes. Et la cartographie est partout présente dans nos vies et a beaucoup d’avenir !

Quel conseil à un étudiant qui souhaite travailler en cartographie ?
Qu’il profite de sa formation à l’université, des stages de terrain et des outils mis à sa disposition. Il faut manipuler les logiciels afin de se familiariser avec eux, et maîtriser les notions de positionnement géographique, d’analyse spatiale, de méthodes d’enquêtes de terrain.

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Mars 2013