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La carte murale a-t-elle son avenir en décoration de bureau ?

La Cartothèque possède 754 cartes murales et les plus belles sont les huit cartes de continents conçues par la société Klett. Le groupe Klett est spécialisé dans la fourniture de supports pédagogiques (guides de langue, dictionnaires, posters...). Les cartes sont en allemand et en anglais mais il existe toute une gamme en français. Ce sont des cartes de très grand format : jusqu'à 210 cm sur 233 cm par exemple pour la carte d'Asie, avec des prix entre 45 euros à 230 euros.

A la décharge des autres éditeurs, soulignons ici que la carte murale est un peu passée de mode. On la trouve dans les catalogues de fournitures de bureau et, en objet de décoration, elle n'a pas besoin d'être très détaillée. Quant à l'usage scolaire, les cartes type Vidal Lablache qui ont été pendues dans des milliers de classes ne se font plus. Leur graphisme était typique d'une certaine manière de représenter le territoire : production industrielle, agriculture, cours d'eau, tout était indiqué jusqu'à l'illisible, comme le montrent les échantillons ci-dessous, sans exclure une grande finesse de détail.

Aujourd'hui, les cartes scolaires sont simplifiées : quelques couleurs, des contours presque géométriques, des indications de lieu réduites. Une rumeur, entendue chez un éditeur de cartes murales donne pour explication que les enseignants d'histoire-géographie du secondaire ne seraient plus capables de lire une carte... Est-elle fondée ? La Cartothèque se contente de la rapporter. Remarquera plutôt que la carte murale est concurrencée par le vidéo-projecteur.

L'enseignant a-t-il besoin de montrer différents types de littoraux, il préfèrera télécharger quelques photos et cartes sur internet, les assembler et les projeter en support de son cours. A la Cartothèque, nous avons constaté que les lecteurs, enseignants pour leurs cours ou étudiants pour leurs exposés, empruntent des cartes murales quand ils ne les trouvent pas sur internet ou quand ils ne savent pas, n'osent pas, ne veulent pas utiliser le vidéo projecteur. Le wifi, désormais disponible sur le campus, sonnera sans doute le glas de la carte murale.

Car résumons : les cartes murales actuelles sont souvent de qualité médiocre, assez rapidement obsolètes, onéreuses, et d'un usage très particulier ; il s'agit de montrer de grands ensembles géographiques sans réelle possibilité de détailler, de zoomer, d'ajouter d'autres informations visuelles (sauf à accrocher une batterie de cartes murales sur le tableau). Le vidéo-projecteur pallie ces inconvénients : l'utilisateur peut afficher des données récentes, construire ses propres cartes thématiques, passer de l'une à l'autre, accéder à un site internet via le wifi, envoyer un extrait de documentaire, un document audio et varier les supports, sans non plus que toute cette machinerie ne remplace le contenu intellectuel du cours. Plus exactement, c'est le support de cours numérisé qui supplantera la carte murale car le vidéo-projecteur n'est qu'un appareil voué à l'obsolescence : il sera remisé avec rétroprojecteurs et vieilles cartes cartonnées quand enseignant et étudiants auront tous leur écran (portable ou tablette) et l'accès par le réseau au même contenu de cours.

Alors que deviendront les magnifiques cartes Klett ? Elles resteront roulées dans leur recoin de cartothèque car malheureusement, elles prennent de la place, sont lourdes, peu maniables et par conséquent quasiment pas utilisées. A moins que nous ne profitions de cet article pour les mettre en valeur : quelques clous dans les murs de la salle de lecture et nous pourrions avoir une carte affichée en permanence pour nos lecteurs. Alterner avec d'autres serait instructif. Un pan de mur exposition-musée-décoration de salle ? Que faut-il pour que l'idée devienne réalisation ? Un coup de fil au service menuiserie de l'université. C'est comme si c'était fait...




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Avril 2011