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Audiovisuel : les films


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Bamako année zéro / Fiorentino (J.), L'échangeur, 2013

Ce film documentaire de Julien Fiorentino et Stanislas Duhau avec Chanana Madani Touré est sorti en 2013. Ce film a été produit par L'Echangeur et les Films Sauvages-Visa. Il dure 54 minutes. Julien Fiorentino est un réalisateur et producteur français. Il est titulaire d'une maîtrise d'histoire. Stanislas Duhau est aussi réalisateur et producteur, diplômé de littérature et de cinéma. Chanana Madani Touré est un jeune artiste malien.

Le film montre le regard des citoyens maliens pendant les récents évènements qui ont secoué le pays : des protagonistes nous racontent leurs peurs et leurs impuissances face à la situation au nord pendant les émeutes de mars 2012.

En premier lieu, ce film évoque la situation du Mali depuis 2012, particulièrement dans le nord du pays. Les villes comme Kidal, Gao et Komal sont prises par les rebelles touaregs et les djihadistes. Les populations sont chassées vers la capitale Bamako. En même temps, le Mali connaît une grave crise politique suite à ces violences qui interviennent à trois mois des élections. Le président subit un coup d’état pour son incompétence dans la gestion du conflit au nord du pays de la part de soldats rebelles qui prennent les commandes du pouvoir. Ces soldats rebelles bénéficient de l'aide de l'armée française pour la gestion du conflit. L’expansion des djihadistes est freinée avec l’appui des militaires français.

En deuxième lieu, les protagonistes évoquent la dislocation des ethnies qui est à l’origine de la crise. Certaines sont victimes d’exactions et de massacres. Il est aussi question de la crise économique et de la place de la jeunesse malienne au sein du gouvernement. Dans ce film, nous faisons face à une jeunesse déterminée à tenir en main le destin du pays.

Ce film fait comprendre aux lecteurs les réalités du peuple malien, notamment dans le nord. Les différentes protagonistes nous expliquent leur passé dans le nord et la situation sociale, ethnique, politique et économique du pays. L’une des interviews concernant une personne victime d’amputation est mal traduite et cela mène à une incompréhension d’une problématique par rapport au conflit dans le nord.

Nous remarquons un manque d’images ou de vidéos qui pourraient éveiller le lecteur aux réalités du conflit, notamment sur les dégâts que la guerre a provoqués. De plus, l’auteur s’est limité à la capitale pour ses interviews et n'est pas allé dans le nord.

Le montage montre les aspects positifs et négatifs particulièrement dans la ville de Bamako. L’auteur nous montre le vrai visage de la ville avec une bonne qualité d’image et de son. La traduction de certaines interviews n’est pas toujours à la hauteur.

Ce film documentaire est très intéressant pour montrer au public les réalités du peuple malien. Surtout il met en évidence les citoyens maliens qui par leur conscience et leur point de vue essaient d’imaginer un Mali libre dans la démocratie.

Sall Thierno Bassirou, étudiant en géographie