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Cartothèque - Terrains


La Réunion : un terrain de stage idéal

Ségolène, tu reviens de La Réunion.
J'y étais dans le cadre d'un projet de recherche intitulé "Paysage des franges périurbaines" financé par le ministère de l'environnement, sur la dynamique de contact entre ville et espace ouvert. Dans ce programme existent quatre terrains comparatifs : deux en Ile-de-France, un dans la Narbonnaise, un à La Réunion.

Tu y allais pour la première fois. Ça t'a plu ?
Oui !





Rêvons un peu. Le département aurait de quoi y envoyer les étudiants de master, serait-ce un beau terrain de stage ?
Le terrain serait formidable par rapport à la thématique des risques. D'abord pour les risques liés au climat, aux inondations car le site est très montagneux avec de grandes ravines, et ensuite pour les risques liés aux éruptions car le Piton de la Fournaise est un volcan actif. Les étudiants pourraient étudier les créations d'îles volcaniques, les effondrements des cirques, le cône etc.
Autre sujet intéressant : les habitants avaient des pratiques sur ces espaces que la normalisation de la gestion des risques met à mal. Géographie physique et géographie humaine se mêlent pour faire des sujets passionnants.

Un second axe d'étude serait sur les formes d'implantation de l'habitat qui sont très particulières. Il n'existe pas de vraies "villes" mais de petits centres, des villes-jardin avec des cultures vivrières. Les concentrations urbaines se trouvent sur les ports et dans les centres historiques. L'explosion de l'habitat se fait partout, dans ces centres comme dans la "campagne".

Les catégories urbain-rural ne s'appliquent pas à La Réunion.

Le mouvement actuel cherche à contrecarrer cette diffusion de l'habitat pour revenir à des modèles d'agglomérations beaucoup plus denses. En effet, les nouvelles réglementations françaises exigent que les infrastructures (eau, électricité...) suivent et cela coûte cher.

Paradoxalement, on a donc un modèle dont on pourrait rêver en Europe : de la ville très verte avec des jardins vivriers partout où tout le monde cultive alors que le mouvement est à l'inverse de créer des modèles plus compacts qui détruisent l'accès aux jardins vivriers, à la nature. C'est le résultat de l'application des normes d'urbanisme et aussi de l'explosion démographique donc de l'urbanisation. Actuellement, on cherche le meilleur modèle.
Cette jonction entre géographie urbaine de l'habitat et géographie humaine est passionnante. L'habitat est diffus et très productif (tout ce qui est cultivé est mangé) mais il ne correspond pas au canon de l'urbanisme durable. Pour déconstruire les catégories urbain-rural, pour montrer qu'elles ne s'appliquent pas partout, La Réunion est un terrain idéal.

Et le coût ?
La Réunion est une île peu touristique donc les vols sont chers. Cela doit tourner autour de 800 euros le billet. Se lancer dans une telle aventure réclamerait deux ans de préparation et de bien rentabiliser le temps sur place.

La Réunion en photos et en explications avec l'Atlas des paysages.

Juillet 2014