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Témoignages sur la recherche documentaire (2009-2011) - Emmanuèle Gautier

Pourriez-vous vous présenter en quelques mots à nos lecteurs ?
Je suis professeur de géographie physique et environnement. Je travaille en université depuis 1993, et je suis arrivée à l’Université Paris 8 en 2000. J’étudie le fonctionnement de grands cours d’eau et de zones humides, l’impact des aménagements et celui du changement climatique en cours. Mon laboratoire d’accueil est le Laboratoire de géographie physique CNRS-Paris I, situé à Meudon. Au sein du département de géographie de Paris 8, je m’occupe plus spécifiquement du Master de géographie, et du parcours professionnel en environnement.

La recherche documentaire tient-elle une place importante dans votre travail ?
C’est la base de mon travail, le préliminaire de toute recherche sur un cours d’eau, qui s’appuie sur 3 piliers. En premier, j’ai besoin de documents cartographiques, de photographies aériennes (de 1950 à nos jours), d’images satellites voire d’images radar, selon la problématique étudiée. En deuxième, ce sont les données hydrologiques. Et le dernier pilier : les publications (rapports, articles, thèses sur la région ou le cours d’eau étudiés et concernant le thème de recherche).

A quels outils avez-vous recours pour effectuer vos recherches documentaires ?
Je cherche dans les catalogues de la Cartothèque, de différentes bibliothèques, de l’IGN (pour les cartes récentes) ou aux archives des Ponts et chaussées (pour les anciennes). Lorsque je vais sur le terrain à l’étranger, je me rends dans des boutiques pour acheter directement des cartes de la région. Pour les images satellites, outre Google Earth, je vais sur le site Internet GLCF (Global Land Cover Facility) sur lequel sont mises gratuitement à disposition des images type Landsat, ou bien j’achète en ligne des images de type Spot. Il y a aussi le site USGS (United States Geological Survey) qui donne accès à des images payantes de type Corona, qui sont des images déclassifiées de la CIA des années 60 à 80. Quant aux photographies aériennes, je les trouve grâce à l’IGN, via leur catalogue en ligne ou papier.

Les données hydrologiques sont disponibles en France auprès des Services de l’Environnement ou des Services hydrologiques nationaux des pays sur lesquels je travaille et avec qui on établit des conventions. A ma connaissance, seules les données russes sont payantes. La DIREN possède des données en ligne, mais il est parfois nécessaire de se déplacer pour des recherches plus précises..
Enfin, je trouve les articles publiés grâce aux abonnements de mon laboratoire à des éditeurs de revues électroniques, type ScienceDirect ou Elsevier. J’effectue une veille sur les revues qui m’intéressent et je télécharge des articles. Pour les thèses, j’effectue souvent du troc : je contacte le directeur de la thèse que je recherche et je lui propose en échange l’une de mes publications.

Dans quelles bibliothèques ou cartothèques vous êtes-vous déjà rendue pour consulter des ouvrages, dans le cadre de votre travail ?
Mise à part la Cartothèque, je vais à l’Institut de géographie (Université Paris I Panthéon-Sorbonne), à la Bibliothèque des Sciences de la Terre de Jussieu (Université Paris VI), aux archives nationales et départementales (cartes et plans). Les bibliothèques des universités étrangères dans les pays que j’étudie sont aussi parfois un précieux recours.

Quel usage faites-vous de la Cartothèque ?
Cela dépend des cours que je donne. Autrefois, avec la cartographie pour les historiens ou la géographie physique générale, j’utilisais davantage de cartes, notamment des cartes murales. Aujourd’hui, je fais surtout travailler mes étudiants sur mes propres documents car ils sont trop spécifiques pour que la Cartothèque les possède. Toutefois, dans le cadre de la préparation des stages de terrain, j’emprunte des cartes de la région concernée. Je me rends fréquemment à la Cartothèque pour voir les nouveautés : revues, livres, derniers mémoires… Il m’est arrivé de trouver des cartes pour mes recherches, comme des anciennes de la Loire ou du Niger, mais je trouve qu’elle a plus une vocation pédagogique car elle n’est pas spécialisée dans mon domaine. J’incite les étudiants de Master à y aller pour leur dossier.

Quelle serait selon vous la cartothèque idéale ?
Tout d’abord, je tiens à dire que je trouve la Cartothèque, telle qu’elle est actuellement, tout à fait bien organisée, souple et adaptée aux besoins pédagogiques. Dans le cadre de mes précédents cours, il était rare que je n’y trouve pas ce dont j’avais besoin, et, si c’était le cas, il suffisait de commander.
Avant de partir dans l’imagination pure, je vois quelque chose que l’on pourrait tout de même améliorer : que les meilleurs mémoires de Master soit accessibles en ligne.
Pour moi, la cartothèque idéale serait virtuelle. On taperait le nom d’un lieu et on saurait en un clic dans quelle bibliothèque se trouve la carte en question. On pourrait même en avoir un affichage numérisé. Ce serait vraiment intéressant, surtout pour les cartes anciennes !

Avril 2010