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Témoignages sur la recherche documentaire (2009-2011) - Rencontre avec Bouziane Semmoud, professeur de géographie

Oran
Pourriez-vous vous présenter en quelques mots à nos lecteurs ?
Je suis enseignant à Paris 8 et chercheur au LADYSS (Laboratoire dynamiques sociales et recomposition des espaces). Je suis arrivé à Paris 8 en 2005, après avoir enseigné à l’Université d’Artois de 1995 à 2005. Mon intérêt scientifique va aux questions urbaines, aux inégalités territoriales en rapport avec la mondialisation, abordées à propos du Maghreb et du Moyen-Orient. Mes enseignements concernent tous les niveaux :
En L1 : "Géographie dans les SHS" / En L2 : "Géographie urbaine" et "Maghreb et Moyen-Orient"
En M1 : séminaire "Villes, développement et vulnérabilités"
En M2 : je participe à 3 séminaires "Eau et risques", "Mondialisation et développement" et "Structures de l’espace". Enfin, j’encadre actuellement 6 thèses.

La recherche documentaire tient-elle une place importante dans votre travail ?
Certes. J’essaie toujours de replacer mes recherches dans leur cadre conceptuel et dans le champ des connaissances. Pour cela, j’ai besoin de m’informer sur les travaux précédemment effectués. Aussi la recherche documentaire occupe une place essentielle. J’y vois d’ailleurs 3 aspects :
* pour mes recherches, je prends connaissance de l’existant pour aller plus loin ou pour établir des comparaisons.
* pour la rédaction des manuels à destination des étudiants, je mêle synthèse de la production scientifique sur un sujet donné et avancées personnelles dans la recherche.
* pour la préparation de mes cours de Licence, j’ai recours à des ouvrages et des manuels ; pour les séminaires de Master, j’utilise les ouvrages spécialisés, les articles de revues et m’inspire, pour l’actualité, de journaux tels que Le Monde et Le Monde diplomatique.

A quels outils avez-vous recours pour effectuer vos recherches documentaires ?
J’ai l’habitude d’accéder directement aux catalogues des bibliothèques, aujourd’hui disponibles sur internet, comme par exemple le Sudoc. Cela me permet aussi de localiser les sources non disponibles dans les bibliothèques que je fréquente habituellement. Je consulte de nombreux sites web pour y trouver des données (statistiques entre autres), de l’échelle internationale à celle de la commune :

- le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement), la CNUCED (Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement), la Banque Mondiale, la FAO (Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture),
- EUROSTAT, l’INSEE (Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques) et d’autres organismes équivalents à l’étranger, tels que le Census Bureau (recensement aux Etats-Unis).
Concernant les périodiques en ligne, je les consulte grâce à la BU de Paris 8 (même si je préfère feuilleter des revues en papier !) et sur le portail revues.org (qui donne accès aux sites des différentes revues, avec au minimum la table des matières et le résumé des articles pour les plus récents).
Dans quels établissements vous rendez-vous pour consulter des ouvrages ?
Je me rends à la BU de Paris 8 environ une fois par mois, pour une à deux heures selon ce que j’ai à y faire. J’y emprunte régulièrement des ouvrages et des revues reliées, et j’y consulte les derniers numéros de périodiques. Je fréquente également, de manière très épisodique ou exceptionnelle, les bibliothèques suivantes : Paris I (Tolbiac), BNF, l’IAURIF (Institut d'Aménagement et d'Urbanisme d'Ile-de-France), Centre de documentation de l’urbanisme (La Défense), l'Institut de géographie (rue Saint-Jacques), la Bibliothèque des Sciences de la Terre de Jussieu.

Quel usage faites-vous de la Cartothèque ?
Pour les besoins pédagogiques, j’y emprunte des cartes topographiques, principalement pour l’étude des villes en diachronie, au 1:25 000 (exemples : Beaune, Cahors, Laon, Mâcon). J’y ai aussi emprunté un ouvrage de La documentation française et un autre sur les risques. Quant aux cédéroms CartoExplorer, j’ai cru en avoir l’utilité mais je me suis aperçu qu’il ne s’agissait pas de cartes vectorisées comme je le croyais.

Quelle serait selon vous la cartothèque idéale ?
Je trouve que la Cartothèque de Paris 8 offre une documentation tout à fait satisfaisante : compte tenu de la diversité des enseignements, il serait impossible de répondre mieux à tous les besoins. Toutefois, je serais intéressé par des bases de données de statistiques payantes telles que celle de la Banque mondiale et celle de l’INSEE. D’autre part, je ferai sans doute des suggestions d’achat pour enrichir le fonds sur le Maghreb avec des cartes de certaines villes au 1:25 000.

Novembre 2010